15 octobre 2010

Avis : Storm Front/Avis de tempête (Dresden Files 1) de Jim Butcher

Synopsis (traduit de l’anglais) : Harry Dresden est le meilleur de sa catégorie. Bon… techniquement il est aussi tout seul dans sa catégorie. Quand la police de Chicago se retrouve avec une affaire qui dépasse la créativité ou même la faisabilité humaine, elle a recours à lui pour apporter des réponses. Car le monde « de tous les jours » est en fait rempli de choses étranges et magiques… et la plupart ne sont pas très sociables avec les humains. C’est là qu’intervient Harry. Rien de plus utile qu’un sorcier pour attraper un… enfin, quoique ce soit.
Il y a juste un soucis. Les affaires stagnent et quand la police lui demande son avis sur un double meurtre macabre commis en usant de la magie noire, Harry ne voit que le symbole du Dollar. Mais là où il y a de la magie noire, il y a un mage noir pas loin. Et maintenant le mage connait le nom d’Harry. C’est là que les choses commencent à devenir… intéressantes.

 

Avis : Dès les premières pages, on se croirait dans un vieux film noir avec Humphrey Bogart. Il y a même la cliente qui vient lui rendre visite pour louer ses services. On s’attend presque à ce qu’elle pose une fesse sur le bord du bureau, croise les jambes et frotte ses collants en nylon l’un contre l’autre en tirant sur sa cigarette. Sauf qu’on n’est pas dans un film noir, on est dans le monde d’Harry Dresden. Un univers familier pour les fans d’urban fantasy où l’on croise vampires, sorciers, faes et autres bestioles fantastiques du même acabits que notre personnage principal va devoir affronter tout en menant l’enquête. A la différence près que pour une fois l’héroïne est un héros ; ce qui est une chose plutôt rare de notre côté de l’Atlantique (moins de l’autre). Et la cliente est tellement apeurée qu’elle n’ose même pas donner son nom voire même lever le nez pour lui parler. Cela dit, elle a bien raison vu ce que l’un et l’autre peuvent impliquer. Pour les femmes fatales, il faudra attendre quelques pages supplémentaires pour les rencontrer mais elles sont « belles » et bien représentées aussi.

Dans l’ensemble l’ambiance policière est plutôt réussie. Même si l’identité du tueur est assez évidente dès le départ et que du coup les fausses pistes sont très visibles et vite écartées. Par contre le mobile du crime en lui-même est plus complexe mais sans doute très logique aussi pour les habitués des romans policiers. Ça suffit néanmoins largement à embarquer le lecteur dans l’enquête.

L’autre aspect prépondérant du livre est bien sûr la magie. Impossible d’y échapper, c’est la spécialité de notre héros. Son usage est très codifié et avec l’épée de Damoclès qui est suspendue au-dessus de la tête d’Harry, au sens propre, ça complique beaucoup sa tâche. Mais l’animal est futé et ne manque pas de ressources pour résoudre les problèmes tout en restant dans les clous. La société des magiciens qui reste une entité un peu obscure dans ce tome n’est représentée que par l’antipathique Morgan mais le peu que l’on en voit donne envie d’en savoir plus sur son mode de fonctionnement. Et c’est un peu aussi le cas pour la plupart des communautés surnaturelles que l’on entraperçoit et celles que l’on devine exister. Qui a dit « univers très riche » ? Harry est aussi entouré de toute une ribambelles de personnages secondaires plus ou moins clichés qui sont tous très efficaces dans leurs rôles respectifs. Mention spéciale à Mac et son expression favorite : « Ungh ».

 

Même si l’univers d’Harry Dresden n’est pas le summum de l’originalité, la fusion des genres ainsi que le style de Butcher réalisent un quasi sans faute. Storm Front est un livre très efficace en terme d’action et d’intrigue qui offre quelques grands feux d’artifice. La scène sous l’orage est vraiment captivante et scotche le livre aux doigts… même si imaginer Dresden en tenue d’Adam tout du long peut être source de distraction pour le public féminin. De même, le grand final est le point d’orgue de ce tome, un vrai dénouement où tout s’explique et où on en a pour son argent, ce qui n’est pas le cas chez tous les auteurs du genre. Puis Harry est littéralement un bon bougre qui est à la fois terriblement chanceux et affreusement malchanceux (et pas qu’avec tout ce qui est technologique), ce qui rend ses aventures palpitantes. Pour lui et pour le lecteur. Cerise sur le gâteau, il a un humour pas piqué des hannetons qui rajoute un petit plus à un personnage déjà très attachant.

Kids. You gotta love them. I adore children. A little salt, a squeeze of lemon-perfect.

Nothing’s ever simple when I’m around.

Note :

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