Avis : Initial D (4,5/10)

Initial D

Ah le charme des routes de montagnes japonaises ! Et le doux bruit du crissement des pneus le soir au fond des bois ! Anthony, éleveur de tofu, était une virtuose du volant et du dérapage contrôlé dans sa jeunesse. Maintenant, il maîtrise plus la descente de bouteilles de bière et l’écrasage de cigarettes. Le tout suivi d’un bon gros roupillon pour digérer. Forcément, quand il s’agit de livrer le tofu à 4h du matin, il n’y a plus personne. Du coup, c’est le fils Takumi (oui, s’appeler Takumi quand on a un tête de Chinois, ce n’est pas facile tous les jours) qui s’en occupe. Complètement blasé par la vitesse et cette petite route en épingles à cheveux qui fait pourtant la joie des street-racers locaux, il préfère faire celui qui s’embête (et Jay Chou fait très très bien le gars qui s’embête, ou alors c’est le fait de s’appeler Takumi peut-être) et qui n’y comprend rien quand les collègues de la station service parlent des courses endiablées du week-end passé. C’est d’ailleurs assez curieux tous ces gens qui parlent chinois au Japon, mais admettons. Sauf qu’en fait le petit, il maîtrise plutôt bien la 86 de papa et ne tarde pas à se faire remarquer. Tous veulent le défier maintenant. Introducing Edison Chen, Jordan Chan et Shawn Yu dans les rôles des prétendants au titre de meilleur conducteur en lacets de la région. Attribuons tout de suite la palme de la tête à claques qui se la pète à Jordan (naturellement) et son camion qui brille autant qu’un char de carnaval à Rio. Pour le reste, regardez le film.

Curieusement, l’ambiance générale du film étant plutôt bon enfant, je-me-la-pète-Jordan aurait certainement plus eu sa place dans The Fast & The Furious (ça y est, je l’ai dit) dont les courses donnaient beaucoup plus de bouffées euphorisantes que celles d’Initial D et dont l’ensemble avait un peu plus de nerf. Ici, ça manque de NOS et de lignes droites pour sentir le plancher de la monture vibrer. Sur la forme, il y a abus d’effets de ralenti, d’arrêts sur image et même de splittages d’écran. On rajoute un peu de numérique, ça ne fait jamais de mal, et surtout on sonorise tout ça avec l’inévitable musique R’n’B/Rap qui est propre au genre. On obtient un film particulièrement moyen, a priori plus ciblé jeunes. Le traitement de la petite romance, moins poétique que celle d’un nénuphar et d’une grenouille, entre le héros et la camarade de classe renforçant bien le coté ado du film.

Mais le pire est sans doute à venir. Avec une fin ouverte comme ça, on est bon pour une suite voire plusieurs, le manga, toujours, en cours comptant déjà 31 tomes, il y a matière à faire. Le casting assez peu convaincant, sauf peut-être pour les fans pur(e)s et dur(e)s de ce genre de minets, et manquant cruellement de conviction, ça risque d’être assez insipide.

Reste Anthony Wong, qui est de loin celui qui s’en sort le mieux : cool dans ses getas, parfois un peu lourd, souvent très très drôle aussi. Il mériterait bien le surnom de « l’homme qui parlait aux pédales avec ses pieds » (ceux qui ont vu le film comprendront).

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