Internet à Shanghaï : comment ça marche ?

C’était clairement LA chose qui nous (me ?) faisait le plus peur avant de venir. Un Tanuki sans internet c’est comme un Tanuki sans PC, ça râle beaucoup. Du coup on a longuement arpenté les forums d’expat en tout genre pour savoir ce à quoi il fallait vraiment s’attendre. Sauf que l’expat de base, internet il n’en a rien à faire, lui ce qu’il veut c’est savoir où sortir le soir. Les rares réponses qu’on a trouvées étaient du plus mauvais augure. Internet lent, internet surveillé, internet censuré, ADSL digne du RTC français. Autant dire qu’on a préparé notre coup avant de venir et qu’on a mis en place à plusieurs endroits des points pour établir des tunnels ssh, histoire de naviguer lentement mais tranquillement.

Les premiers jours à l’hôtel, on a pu se faire une première idée en piquant la connexion WIFI à l’hôtel Hilton. Bien-sûr c’était assez lent vu qu’on n’était pas dans l’hôtel Hilton mais en face. Bon globalement ça allait pour consulter les sites de bases. Assez rapidement, on a constaté que blogspot (elle est où ma pasfolle ?!) et les skyblorgs (ouais je sais j’ai honte aussi, et c’est pas faute de répéter qu’il y a mieux ailleurs) étaient blacklistés. En général, un site blacklisté renvoie ce type de message qui pourrait faire croire que c’est le site en face qui ne marche pas bien où qu’on est définitivement incapable de taper l’adresse correctement. Sauf qu’il suffit de faire un petit traceroute pour voir où ça coince. Le tunnel ssh s’impose donc si on veut pouvoir continuer à lire les aventures de Pasfolle bientôt à Pékin. Assez rapidement aussi, on constate que le net peut devenir parfaitement impraticable par moment. Entre les sites inatteignables et les très nombreux « document contain no data », on pète vite les plombs. Mais j’y reviendrai.

Les premiers jours à l’appart, on n’avait bien sûr pas encore Internet mais on avait fait la demande auprès de la propriétaire pour qu’elle nous fasse installer ça. On a même précisé qu’on voulait du fast-ADSL équivalent de notre 2M pour être sûrs d’avoir quelque chose de correct (il existe aussi du 512 et du 1M). On paye 1800 yuans pour un an. Entre temps, j’ai longuement squatté le Starbucks le plus proche, où le seul « café » pas trop cher et buvable semble être le café latte et j’ai piqué la connexion WIFI au Valley Gourmet d’en face. Petite parenthèse. Il y a beaucoup de hot-spot dans Shanghaï notamment dans les Starbucks à condition qu’ils ne soient pas trop petits. Fin de la parenthèse. Une fois qu’on a pris le réflexe tunnel, c’est quand même plus agréable. Même si le débit ne permet pas d’uploader et de downloader grand chose (imaginez donc, je traçais grandement ma route à moins de 5ko/s), ça permet au moins de papoter un peu sur trillian, lire les mails et faire le tour des blogs voire même de poster.

Et enfin, un jour le technicien de China Telecom est venu… Il a ouvert une petite trappe dans le mur et a commencé à tritouiller dedans. Il a préparé sous mes yeux un câble réseau qu’il a coupé à la bonne longueur c’est à dire pour aller de la trappe au canapé. Il a testé sur sa boite à tester. Et il a recoupé un bout du câble qu’il vennait juste de faire et a refait le bout en réagençant les fils autrement. Bon OK, admettons. Il reteste. Marche toujours pas. Il recoupe. Oula, euh bon. Il reteste, il sort et revient 5 minutes plus tard. Je suppose qu’il est allé vérifier qu’il n’avait pas oublié de connecter l’appart au reste du monde. Marche toujours pas. Il se décide enfin à tester la connexion sur le portable. Et là je dois dire qu’il m’a impressionnée parce que le portable est en français bien-sûr mais il a quand même réussi à tout paramétrer comme si de rien n’était en moins de 30 secondes. Sauf que toujours rien. Et là, qu’a t’il fait ? Je vous le donne en 1000… il a coupé et refait le bout de son cable réseau. Je vous épargne le reste de l’affaire, j’ai préféré ne pas compter le nombre d’embouts de câble réseau témoins de son incompétence et que j’ai eu le plaisir de ramasser à la fin. Quoiqu’il en soit, il s’est réabsenté 15 minutes et quand il est revenu ça marchait. Un miracle au bout d’une heure et demie ! Derrière la trappe ça ressemble à ça et l’autre bout du cable va direct sur le routeur maintenant.

Il commence à être bien long ce post et je sens que la moitié des 3 lecteurs que ça intéresse est déjà parti. Je vais écourter un peu et aller droit au but en répondant aux questions qu’on se posait avant de venir et pour lesquelles on a maintenant la plupart des réponses.

  • Internet c’est lent : ça dépend. A l’intérieur du pays, Internet est rapide, très rapide même vu qu’on a de belles pointes de téléchargement à 300ko/s. Donc à condition de trouver des miroirs en Chine pour télécharger des logiciels, on ne se plaint pas. A l’extérieur par contre c’est une autre histoire et cela pour plusieurs raisons. La principale étant que la Chine est apparemment encore trop limitée au niveau matériel pour s’interconnecter avec le reste du monde. Du coup à certaines heures, ça bouchonne dur à la sortie du pays. On rajoute à ça les fameux filtres qui permettent de s’assurer que les gens ne vont pas n’importe où et on ralentit encore plus le trafic. Et pour nous petits français qui voulons consulter les sites français, il y a le problème que tout doit passer par les États-Unis avant d’atteindre l’Europe. Et plus le chemin est long, plus on a des chances de voir nos paquets d’égarer. Pour achever définitivement l’internaute, il faut savoir que par moment les serveurs DNS sont tellement surchargés que la résolution des noms de domaine ne se fait plus du tout. Là, on se dit qu’il est temps d’aller acheter de l’eau pour passer le temps.
  • Internet est censuré : oui, il y a des sites qu’on ne peut pas atteindre d’ici pour des raisons x ou y et par forcément à cause du contenu mais parfois aussi à cause des possibilités que ça offre pour exprimer librement ses idées sur un site qui est hors du pays. Il parait que c’est pour ça que Geocities est blacklisté ici. J’avais déjà aussi remarqué une fois que le nombre de réponses sur Google pouvait varier selon que l’on passe par un proxy ou non.
  • « Document contain no data » c’est quoi ? : Tortue a trouvé une des raisons possibles de ce problème enquiquinant à souhait grace à Ethereal. Il s’agit d’un problème de serrage de pattes (handshaking : salut, tu m’entends? Salut, je t’entends et toi tu m’entends ? Ouais je t’entends.). Parfois on se met à bafouiller et l’autre en face il n’apprécie pas qu’on lui dise qu’on l’entend et qu’on lui balance la requête avant qu’il nous demande ce qu’on veut. Et paf Document contain no data. Encore une fois, pas grand chose à faire à part attendre ou … changer de proxy.
  • Internet c’est mieux avec un proxy : ça y a pas photo et c’est là qu’on a atteint la limite du tunnel ssh avec la France. C’est bien beau d’effectuer nos requêtes depuis la France mais il faut quand même faire le trajet jusqu’ici et du coup la solution idéale c’est de trouver un proxy un peu plus près genre à HK ou en Corée du Sud voire en Australie. Après le problème c’est de trouver le bon qui va rester en marche longtemps. Là, ça fait un petit moment qu’on tourne sur le même. Il spasme un peu le soir et dans ce cas on en trouve un de rechange sur un site qui tient à jour la liste de tout un tas de proxy. En plus, les téléchargement hors du pays sont beaucoup plus rapide en passant par un proxy. Pour illustrer ça, deux captures d’écran : test sans proxy et avec proxy. Je vous l’avez dit, il n’y a pas photo.

Conclusion : Internet en Chine c’est moins pire que ce que je pensais même si parfois je pète un peu les plombs.

3 thoughts on “Internet à Shanghaï : comment ça marche ?

  1. Oui, faut pas peter les plombs :-) Parce que plus de plombs, plus d’electricite, et plus d’electricite, plus de routeur, et plus d’internet.

  2. Et là le Kame, alvec le Tanuki qui va faire on ne sait quoi une fois qu’il y a plus de plombs, il est pas sorti de l’auberge!

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