La banque

Shanghaï

S’il y a une chose qu’on a eu très rapidement (avec le téléphone portable) c’est bien le compte en banque. Un peu obligés pour toucher une partie du salaire de Tortue dessus. Ça aurait pu être la Bank Of China, ça aurait pu être Bank of Shanghai, ça aurait pu être plein de choses en fait mais comme on débarquait, on a pris ce qui se présentait et avec l’aide de notre guide des premiers jours en 10 minutes on a eu un compte à l’ICBC (Industrial and Commercial Bank of China). Pour ouvrir un compte c’est pas dur, il faut le papier qui dit où on habite et un passeport. On remplit de la paperasse, on choisit son code pour la carte et on donne 5¥. En échange on reçoit une petit livret rouge qui sert aux opérations au guichet et une carte de payement. Opla emballé c’est pesé. Pour ceux qui n’ont pas eu le courrier commun, c’est dans cette banque-là qu’ils vaporisent de l’eau sur les fleurs en plastique pour faire un effet rosée.

Maintenant qu’est-ce qu’on peut faire avec ce compte en dehors de dépenser et de recevoir des virements de France ? Et bien concernant ces virements justement, s’ils sont faits en Euros ou en Dollars, il faut passer au guichet pour demander à ce que la somme soit convertie en Yuans (moyennant 2¥ de frais de change). Ça veut dire qu’il va falloir y passer au moins une fois par mois si on veut pouvoir utiliser l’argent qui tombe dessus. Bon à savoir : on ne voit pas l’argent à la consultation à l’ATM tant qu’il n’est pas en RMB.

Ce fut donc ma première grande mission à la banque. D’abord il a fallu trouver une ICBC suffisamment grande parce que plus c’est grand plus il y a de chance de trouver du personnel qui parle anglais. J’avoue que la première que j’ai trouvée était un peu loin mais comme je n’arrivais pas à trouver d’adresses sur leur site web, je me suis dit qu’il suffisait d’errer un peu en direction des grandes rues commerçantes pour en trouver une. On en voyait partout à un moment, j’allais forcement en trouver une pas trop loin. Oui mais non. Shanxi Road (S.) c’est pas ce qu’il y a de plus près. Enfin bon passons. J’explique ce que je veux faire à une nana derrière un bureau. Elle prend le petit livre rouge et le met à jour puis m’indique les guichets derrière moi qui consiste en un siège, un téléphone, un écran et un passe-plat en dessous. J’aurais préféré un humain plutôt qu’un mur pour parler mais bon on va faire avec. Je reexplique et je commence à remplir plein de papier divers et variés où je ne comprends pas tout, forcément. Je laisse même quelques cases vides comme l’adresse vu que je suis bien infoutue de l’écrire en chinois. No problemo, l’adresse ne semble pas l’intéresser, elle tamponne tout, me donne un tas de duplicata et opla au suivant. Si c’est comme ça à chaque fois, ça va être du sport. Pour cette fois c’est bon en tout cas, les EUR sont devenus RMB.

Comme on reçoit plein d’argent (whouhou), il a fallu recommencer il y a 2 jours. Sauf qu’entre temps je me suis baladée dans le quartier et que j’ai trouvé une grosse ICBC à 10 minutes de chez nous. Elle est bien celle-là parce que c’est plein de guichets avec une vitre et pas un mur. Il y en a même une réservée à la gestion des devises étrangères rien que pour nous (Guichet 7 au premier). En plus je ne sais pas si c’était l’heure qui voulait ça mais c’était quasiment vide. Pas de stress à avoir en voyant les gens s’arracher les cheveux derrière moi parce que je ne remplis pas les papiers assez vite. C’était sans compter sur l’incompétence de la guichetière… Je tends le livre rouge, le passeport et je dis que je veux transformer les EUR en RMB. Vu le manque de conversation, je suppose qu’elle comprend vaguement ce que je dis mais ne parle pas vraiment anglais. Pas grave, c’est pas dur cocotte tu vas y arriver. Et là curieusement, ELLE se met à remplir plein de papiers et m’en fait juste signer un de temps en temps puis plus rien… Elle s’arrête et attends. Quoi ? C’est le mystère jusqu’à ce que la file qui s’est formée derrière mois en 20 minutes viennent aux renseignements. Ça marche mieux quand on lui parle chinois et on apprend qu’en fait elle n’a pas le niveau d’autorisations nécessaire pour effectuer l’opération !!! Ben bouge toi les fesses cocotte au lieu d’attendre passivement que la chef arrive ! Une chinoise qui accompagne un américain s’exclame bien fort et en anglais que c’est « so chinese », que les gens dans les banques peuvent s’arrêter de faire leur travail le temps de raconter une histoire drôle à leurs collègues. Ce sur quoi l’américain s’exclame lui aussi un peu fort que si les guichetières ont du temps à perdre qu’elles ne le fassent pas sur son temps à lui. Et ils partent. Une autre chinoise fait remarquer que c’est très impoli de faire attendre les gens comme ça. C’est la fête. Ma guichetière n’a pas l’air d’être particulièrement perturbée par l’énervement environnant et continue à attendre. La chef arrive enfin, tamponne un papier et repart. Heureusement pas trop loin car 2 minutes plus tard il faut retamponner un autre papier et cette fois-ci elle estime qu’il vaut mieux ne pas repartir des fois que (la bonne idée). Puis finalement, on me rend tout, opla c’est fini. Ebé là aussi ça va être du sport quand il va falloir revenir le mois prochain mais au moins je suis prévenue.

Et là vous vous dites : ouf on s’en est sorti. Victory ! Et non ! Rebelotte aujourd’hui pour faire le virement du loyer qui n’est pas automatisé. Bon, j’ai repéré les guichets Cash Business au rez-de-chaussée la première fois. Logiquement ça devrait pouvoir se faire là. Sauf que le gars derrière son guichet ne comprend pas ce que je lui veux. Je lui fais un dessin au sens propre et il me dit Guichet 7. Euh oui mais non enfin bon s’il insiste direction le guichet 7 alors… Guichet 7 où je retrouve mon amie la guichetière incompétente d’il y a deux jours. Je lui explique, je montre le dessin. Elle appelle une collègue, ça papote longuement. « Follow she ». Ok cocotte, je comprends mieux pourquoi tu ne pipes jamais mot toi. Je suis la collègue qui me ramène au rez-de-chaussée… Je commence à me sentir comme dans la maison des fous des 12 travaux d’Asterix. Direction d’autres guichets où ça recommence à papoter. Finalement, on m’indique une machine à l’entrée qui est prévue pour les virements de ce type. Ok je note. Arg oui mais non mais c’est pas drôle là, c’est où l’anglais ? Retour au guichet. Y a t’il quelqu’un dans cette banque qui parle anglais et qui peut me montrer pour la machine svp ? Juste une fois hin ? Et là mon sauveur arrive et très gentiment m’aide à effectuer mon premier virement de compte à compte avec la machine. Entrer carte, taper code, colonne de droite 2ème bouton en partant du haut. Entrer rapidement numéro de compte du proprio (2 fois). Indiquer le montant. Retaper le code de la carte. Prendre le ticket, la carte, remercier grandement le sauveur et sortir. Et là, j’entends les oufs d’ici :-)

1 thought on “La banque”

Comments are closed.