18 décembre 2011

Défi ABFA / V&S 2011 : le bilan

Pas peu fière de faire partie de la poignée de participants qui aura fini le défi en 2011. Même si j’ai participé à l’élaboration des règles, ça n’était pas gagné d’avance. Dans l’ensemble, j’ai assez bien géré mon temps. Les lectures imaginaires se sont faites toutes seules puisque c’est mon genre de prédilection (comme pour beaucoup d’autres sur les 2 forums d’ailleurs). J’ai survécu à mon premier Harlequin (merci Némé :) ) et finalement ce sont les classiques qui ont été lus en dernier. C’était bien sympa en tout cas.
On repart pour un tour en 2012 mais je referai un post à part pour me lancer officiellement dans la course.

Ci-dessous, la liste des 26 livres lus cette année dans le cadre du défi.

Imaginaires :

Classiques :

Pièce de théâtre :

BD :

Harlequin :

Livre bonus :

18 décembre 2011

Avis : Colomba de Prosper Mérimée

Résumé : Balle chaude ou fer froid! En Corse, lorsqu’on a un ennemi, il faut choisir entre les «3S», Schiopetto, Stiletto, Strada. Le fusil, le stylet ou la fuite! Orso della Rebbia en fait la tragique expérience bien malgré lui. À peine a-t-il foulé le sol natal que sa sœur lui rappelle son devoir:…

Avis : De Prosper Mérimée, je n’avais lu que La Vénus d’Ille (que j’avais détesté, c’était pour les cours) et Carmen (lu à titre personnel et, curieusement, il m’avait bien plus plu). Je vais commencer en disant que je suis presque heureuse d’avoir attendu pour lire Colomba. Je doute qu’à 14-15 ans, mon regard aurait été le même et je ne l’aurais sans doute pas apprécié à sa juste valeur, voire un petit peu plus. Même si je n’ai jamais foulé la terre Corse, j’en ai forcément beaucoup entendu parler et j’ai vu Mafiosa (ça fait tout de suite de moi une experte en la matière, nous sommes bien d’accord). Quoi qu’il en soit, il est très amusant de constater que certaines choses n’ont pas l’air d’avoir beaucoup changé en 150 ans. Ça donne un petit je ne sais quoi tout à fait savoureux au livre qui n’était certainement pas voulu à l’époque mais qui, aujourd’hui encore, rend le livre très intéressant.

Comme dit dans le résumé, il s’agit d’une histoire de vengeance avec un héros qui a vécu suffisamment longtemps à l’écart de son île natale pour ne plus avoir ce sang bouillonnant qui devrait le pousser à faire payer son ennemi pour l’assassinat de son père. Orso est un homme droit, qui a confiance en la justice. Sauf que les règles du continent ont du mal à s’appliquer sur son île et les retrouvailles avec sa sœur vont le mener vers un drame qui apparaît très rapidement comme inéluctable. Le lecteur a une vision globale de l’intrigue et sait bien que Colomba est manipulatrice et obnubilée par la vengeance jusqu’au plus profond d’elle-même. Elle est très attachante, certes, mais elle est la Corse dans son âme et dans sa chair. Alors, on craint pour Orso qui se retrouve écartelé entre sa conscience et la petite voix qui lui souffle à l’oreille de faire honneur à son sang. A-t-il vraiment une chance d’en réchapper ? Est-ce que son histoire naissante avec la jeune anglaise croisée sur le bateau en direction de la Corse sera tuée dans l’œuf ? Quand on lit le livre pour la première fois, la fin plus qu’incertaine entretient un suspense très réussi. Ça fleure bon le drame, la poudre et l’odeur sèche du maquis. C’est dépaysant et passionnant. Une belle façon d’en finir avec le défi 2011.

Note :

11 décembre 2011

Avis : Le Lézard noir d’Edogawa Ranpo

4ème de couverture : Sur son bras gauche, un lézard noir ondulait, il semblait ramper tout en donnant l’impression qu’il allait se déplacer de son bras vers l’épaule, puis vers le cou, pour arriver enfin jusqu’aux lèvres humides et rouges, il restait indéfiniment surplace. une enquête de kogorô akechi, et certainement le plus célèbre roman policier d’edogawa : un cambriolage rocambolesque lancera le détective dans une course-poursuite sur les traces d’une femme fatale et sans scrupule surnommée  » le lézard noir « , à la recherche de la belle sanae. un enlèvement réussi et des travestissements déconcertants mettront à mal sa perspicacité et conduiront le lecteur dans un labyrinthe secret et inattendu, jusqu’à un musée extravagant. yukio mishima a adapté ce roman au théâtre, jouant lui-même un petit rôle dans le film qui en fut tiré par le réalisateur kinji fukasaku, en 1968. (Picquier)

 

Avis : En début d’année, La Bête aveugle m’avait fait l’effet d’une claque. Dérangeante et sombre, l’œuvre s’était avérée incroyablement en avance sur son temps. Je n’ai malheureusement pas retrouvé cette impression avec Le Lézard noir, qui, pour le coup, est beaucoup plus classique et bien moins troublant. Dans l’ensemble, il s’agit d’un roman policier au ton plus léger dont l’intrigue est dévoilée à tour de rôle par la mystérieuse femme dont le pseudonyme donne le titre à ce livre et par le détective Akechi. Un peu à la manière d’un épisode de Columbo, c’est à qui se montrera le plus fin pour piéger l’autre. Le lecteur sait dès le départ quels sont les plans de la criminelle et l’issu est également sans grande surprise ; tout repose vraiment sur le jeu du chat et de la souris auquel se livrent les deux protagonistes. Le lézard noir se révèle être un adversaire de taille qui porte bien son nom puisqu’elle glisse avec beaucoup d’aisance entre les mailles du filet du policier. Séduisante et fichtrement intelligente, il est difficile de ne pas tomber sous son charme comme la plupart des personnages du livre. Pourtant les dernières pages dévoilent le véritable visage de la belle et c’est dans ces instants-là que l’on retrouve l’esprit détraqué de Ranpo qui transpire à travers les idées malsaines du lézard noir.

Dans son ensemble, le livre est plaisant et rapide à lire. En à peine plus de 150 pages, l’auteur multiplie les rebondissements, avec plus ou moins de bonheur, et le lecteur finit par se prendre au jeu et à vouloir savoir comment toute cette affaire va bien pouvoir se terminer. Il ne laissera cependant pas un souvenir immémorable dans les esprits.

Note :

14 novembre 2011

Avis : Son dernier coup d’archet d’Arthur Conan Doyle

4ème de couverture : Relatées par le fidèle Watson, huit aventures captivantes de Sherlock Holmes
• L’aventure de Wisteria Lodge.
• La boîte en carton
• L’aventure du cercle rouge
• Les plans du Bruce Partington
• L’aventure du détective agonisant
• La disparition de Lady Frances Carfax
• L’aventure du pied du diable
• Son dernier coup d’archet
Huit « affaires » inextricables que le célèbre détective réussit à dénouer grâce à ses dons d’observation aigus et ses méthodes subtiles et hardies.

 

Avis : Comme pour les Agatha Christie, la lecture des Sherlock Holmes remonte probablement à l’époque du lycée et la série TV avec Jeremy Brett a clairement laissé une empreinte bien plus forte dans mon esprit. Je redécouvre donc le célèbre détective du 221B Baker Street aujourd’hui à travers 8 courtes affaires qui m’ont, au premier abord, paru bien trop courtes pour permettre une mise en avant correcte de ses talents. Mais ça c’est parce que j’ai pris l’habitude de lire des romans policiers qui mettent vraiment les petites cellules grises du lecteur en action. J’avais oublié que chez Conan Doyle, il ne s’agissait pas seulement d’enquêtes mais aussi et surtout d’un personnage grandiose, mi-fou, mi-génie. Le but n’est pas de chercher le coupable car la plupart du temps ça n’est tout simplement pas possible pour le lecteur mais de voir l’homme à l’œuvre. J’ai eu un peu de mal à me remettre dans ce bain mais au bout d’un moment j’ai retrouvé mes marques et j’ai trouvé ça assez succulent. Pas tout bien sûr, il y a des affaires moins passionnantes que d’autres dans ce recueil, Le Dernier coup d’archet du titre notamment, mais dans l’ensemble, ça a été une lecture rafraîchissante.

 

Il est d’ailleurs amusant de se rendre compte que le point de départ des enquêtes n’est pas forcément la découverte d’un cadavre. Il s’agit parfois d’un fait totalement anodin qui va éveiller la curiosité du détective : une farce étrange, un locataire mystérieux, un paquet suspect… et pourtant on finit toujours pas tomber sur un crime passionnel, un mafieux qui fait escale à Londres, des tueurs internationaux voire même une affaire d’espionnage. C’est très varié et certaines nouvelles ont tout de suite fait écho aux épisodes correspondants de la série (L’Aventure du détective agonisant en particulier, affaire qui est vraiment marquante). J’ai aussi retrouvé avec beaucoup de plaisir l’ambiance du Londres dépeint par Conan Doyle : brouillard épais, calèches, communication par télégrammes… C’est une plongée dans une autre époque qui est très plaisante. Du coup, j’ai vraiment envie de relire les autres livres. Si je trouve le temps bien sûr.

Note :

13 novembre 2011

Avis : Les Sept cadrans d’Agatha Christie

4ème de couverture : La plaisanterie a mal tourné !
De la petite bande de jeunes gens invités à la campagne, Gerry Wade est toujours le dernier à descendre pour le petit déjeuner et les autres décident de le réveiller en fanfare avec huit pendulettes achetées au bazar du village… Mais le lendemain à midi, Gerry dort encore… de son dernier sommeil : on l’a assassiné avec une forte dose de chloral.
Dans la chambre, on ne retrouvera que sept des huit réveils déposés sur le lit.
Le huitième ? Il a été jeté par la fenêtre…

 

Avis : De mémoire, je n’avais pas dû lire d’Agatha Christie depuis le début du lycée. Celui-ci avait d’ailleurs dû être acheté à l’époque et jamais lu pour une raison assez évidente : il ne s’agit ni d’un Hercule Poirot, ni d’un Miss Marple, mes deux enquêteurs favoris. L’occasion fait le larron, il se trouve qu’il est sorti en 1929 et rentre donc dans la catégorie « classiques » du défi.

Tout part d’une blague de potache qui aurait pu être drôle s’il n’y avait pas eu un cadavre à la clé. L’intrigue est racontée par de multiples intervenants, ce qui permet de suivre l’action de plusieurs points de vue et en plusieurs lieux. Le personnage le plus intéressant est sans aucun doute Bundle, une jeune femme qui a du caractère, de la témérité et le sens de l’initiative. C’est un protagoniste assez classique chez Agatha Christie : l’aventurière, celle qui ne se plie pas aux conventions de la société so british et c’est bien sûr ce petit côté révolté qui lui donne le plus de charme. Pour l’assister, il y a Lorraine et Jimmy, respectivement sœur et ami du défunt, et à eux-trois ils vont tenter de dénouer les fils de l’intrigue des sept cadrans. Malgré le ton assez léger par moment et les pointes d’humour, le danger plane et il est difficile de savoir où va vraiment l’histoire. Groupuscule mafieux qui protège ses arrières ? Espionnage pendant l’entre deux guerres ? Comme d’habitude, l’imagination du lecteur est mise à contribution au fur et à mesure que l’enquête avance avec l’espoir de comprendre avant les détectives en herbe les tenants et aboutissants de l’affaire. Dans le cas de ce livre, il est fort peu probable que la cogitation aboutisse à quoi que ce soit.

En effet, Agatha Christie se permet de balader le lecteur et l’entraîne subtilement dans la direction voulue sans qu’il se rende compte qu’il se fait berner. La sensation au moment de la révélation est un peu désagréable façon « tout ça pour ça » car la lecture n’était pas non plus des plus captivantes et il était temps que ça se finisse mais, a posteriori, il s’agit tout de même d’une belle manipulation qui requerrait presque une seconde lecture pour voir les détails passés inaperçus la première fois. Sauf que le livre n’est de toute façon pas l’un des meilleurs de l’auteur et malgré ce twist final, il reste sans saveur particulière et assez anecdotique.

Note :